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Doit-on accepter qu’un(e) collègue ne dise jamais bonjour, ne participe à aucun échange et n’adresse la parole à personne, même si il ou elle fait “bien” son travail?

  • Photo du rédacteur: Nathalie Cabos Hayes
    Nathalie Cabos Hayes
  • 30 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Je suis récemment tombée sur un post qui relatait un arrêt de la cour de cassation qui avait justifié un licenciement pour ces mêmes raisons. J’ai eu envie de creuser le sujet des compétences psychosociales dans les dynamiques collectives et leur lien avec les risques psychosociaux au sein de la prévention primaire en matière de RPS.


Faire son travail ne se limite pas aux tâches: une réalité souvent sous-estimée

Est-ce vraiment OK d’avoir à subir des collègues impolis, irrespectueux ou fermés? Le travail ne s’arrête pas à la réalisation des tâches prescrites, il englobe beaucoup plus que ça.


L’Homme au travail c’est une implication de trois dimensions: cognitive, physique et psycho-sociale. Un déséquilibre d’une des 3 dimensions aura des conséquences à plus ou moins long-terme: stress, relations interpersonnelles dégradées, TMS, RPS..


Relations de travail dégradées: un enjeu sous-estimé de prévention des RPS

Or, les difficultés à construire des relations saines, particulièrement au travail, génèrent des conséquences qui ne sont pas neutres en matière de prévention des RPS.


Des dynamiques dégradées perturbent les échanges, l’ambiance et rejaillissent sur les autres membres de l’organisation.


Je constate souvent au travers de mes interactions professionnelles ou personnelles, que nous sommes tristement loin d’être égaux en matière de savoir-être et de savoir-faire dans ces domaines précis.


Pourtant, les compétences psychosociales sont reconnues comme des compétences essentielles pour construire des relations saines, favoriser l’empowerment des individus, les aider à faire face aux aléas de la vie (Santé Publique France ).


Un défaut d’équipement relationnel, pas une faute individuelle

Alors on fait comment, quand on travaille, dirige, manage, collabore avec des personnes comme M.X?


C’est un défaut d’équipement dont il s’agit ici et chez bon nombre de personnes que nous côtoyons.


Quels sont alors les axes de développement les clés et les outils dans ces situations?

Ce sont des axes de travail précis dont je vous parlerai plus loin, et extrêmement bénéfiques sur le collectif en entreprise dans le cadre de la prévention des risques psychosociaux et la qualité de vie au travail.


Les compétences psychosociales : un socle essentiel du travail collectif

Selon Santé Publique France, Les compétences psychosociales (CPS) sont un ensemble de compétences psychologiques (cognitives, émotionnelles et sociales) qui permettent de maintenir un état de bien-être psychique. Elles favorisent de meilleures relations à soi et aux autres et facilitent la capacité d’une personne à faire face aux exigences et défis du quotidien.


Elles sont regroupées en 3 grandes catégories :

  • Les compétences cognitives (la conscience de soi),

  • Les compétences émotionnelles (la gestion des émotions et du stress),

  • Les compétences sociales (développer des relations constructives).

Ce sont des compétences mais aussi nommées “life skills” par l’OMS (et non des soft skills).


Dans un contexte de santé mentale en dégradation, elles ont été identifiées comme un axe majeur de développement pour favoriser une meilleure santé en particulier mentale.


Pourquoi tout le monde n’est pas équipé de la même manière

Toutefois, nous ne sommes pas du tout équipés de la même manière en matière de “life skills”. Ces inégalités sont multifactorielles: contexte familial, éducatif, social, culturel…


Elles peuvent être à l’origine de conflits, stress, frustrations, difficultés relationnelles …. autant de conséquences qui peuvent elles-mêmes par la suite favoriser l’apparition de troubles plus graves: RPS, TMS, stress chronique….


On le perçoit facilement dans notre quotidien: n’avez vous jamais ressenti un sentiment désagréable provoqué par la posture fermée de quelqu’un face à vous sans raison apparente?


Ou bien encore ce sentiment de vous sentir submergé par une émotion ou un stress sans avoir de clés pour faire redescendre la pression interne?


Certaines de nos interactions semblent fluides, simples, stimulantes . Pour autant, d’autres ressemblent toujours à des (mini) combats, provoquant des émotions désagréables de frustration, de colère ou de découragement, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi.


Evoluer dans un environnement professionnel avec des personnes fermées (verbalement ou pas), qui ne savent pas vraiment écouter, gérer leurs émotions encore incapable de faire preuve d’empathie est complexe.


Les compétences psychosociales comme socle de protection face aux RPS

Comme l’expliquent les experts en la matière, les compétences psychosociales représentent un socle essentiel pour favoriser le bien-être et la santé mentale, la réussite scolaire et professionnelle, réduire les conduites à risque et avoir un meilleur rapport à soi et aux autres. (Source Santé Publique France).


Les life skills constituent un armement de base pour une prévention des risques psychosociaux pour soi-même: une meilleure relations aux autres grâce à la connaissance de soi.


Et concrètement, que fait-on quand les dynamiques se dégradent ?

Et si on pouvait donner une chance à ces personnes, et les aider à sortir de leur mode par défaut et leur permettre de changer de paradigme ?


En leur offrant un environnement plus apaisé, agréable et surtout plus propice à renforcer collectivement le bien-être au travail et la prévention des RPS?


C’est possible.


Cela demande d’accompagner avec les bons outils, d’équiper les personnes afin de développer leur capacité d’adaptation et de les responsabiliser face à leurs propre pouvoir d’action.


Développer les compétences psychosociales : un levier de prévention primaire

Des ateliers de travail sur des axes de compétences psychosociales pour développer un mieux-être individuel et qui bénéficiera au collectif avec lequel on interagit**.**


Comment?


Avec des clés de lecture, des outils, des prises de conscience, de l’introspection, afin d’emmener progressivement vers un changement de posture face à ses propres difficultés liées aux émotions, au stress, à la communication et aux relations.


Je ne propose pas une formule magique, mais un chemin vers une transformation positive.


Conclusion – Prévenir les RPS, c’est aussi outiller le savoir-être

Revenons un instant à notre M.X qui ne disait pas bonjour, qui n’adressait la parole à personne - y compris à son manager - et qui a fini par se faire licencier à cause de ces comportements jugés peu sociaux.


Travailler sur soi, sur son savoir être et son savoir faire relationnel, apprendre à se remettre en question, à gérer ses émotions et son stress, à se concentrer, à communiquer efficacement et à faire preuve d’empathie sont des compétences essentielles la prévention des risques psychosociaux, avant tout pour soi-même.

Outiller les collaborateurs sur ces life skills devrait être une priorité au même titre que la sensibilisation aux RPS.

 
 
 

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